vendredi 16 juin 2017

2016, Retour en Languedoc

Du pays de cocagne au Haut Languedoc.

L'année 2016 à été pour moi l'occasion de tester à échelle industrielle les méthodes d'extraction de l'indigo du Pastel des teinturiers pour une société du Tarn (81). Soixante tonnes de feuilles de Pastel ont été récoltées sur trois hectares cultivés. J'ai extrait un peu plus de soixante kilogrammes de pigment d'indigo. Un rendement assez faible car la variété cultivée ici n'a fait l'objet d'aucune sélection et présente un taux de plus de 95% de Pastel sauvage.

Champs de trois hectares cultivé par Michel André agriculteur et chef de culture à Cambounet sur Sor (81)

Voici un lien qui vous donnera un aperçu de mon activité de 2016. Un petit reportage vidéo se trouve en fin d'article.




Battage en cascade


Oxydation et précipitation du pigment



Filtration du précipité

Après cette saison très chargée, je me suis retiré du projet qui à pris une orientation vers le tourisme industriel, comme la plupart des projets autour du Pastel dans le sud-ouest de la France. L'industrialisation du Pastel est une source de pollution considérable, emploi de désherbants et pesticides à la culture, utilisation de plusieurs dizaines de mètres cubes d'eau par jour chauffée par d’énormes chaudières à gaz, rejets dans la nature de cette eau chaude additionnée de chaux et matières fermentescibles sans traitement préalable. Tout ceci bien sur n'est pas précisé aux nombreux touristes, chaines de télévision et autres médias qui visitent ce type de lieu. 

J'ai donc décidé de revenir à une production à échelle humaine et plus respectueuse de l’environnement à Courniou, siège social de La Main des Sables.


Production et extraction écologique d'indigo dans l'Hérault.

En Octobre 2015, j'ai semé 3000 mètres carrés d'Isatis tinctoria (Pastel des teinturiers) à Courniou dans un champs mis à disposition par un agriculteur local. Hormis le travail du sol qui a été effectué par l'agriculteur à la suite de la récolte des cultures précédentes, tous les autres travaux ont été manuels. J'ai passé beaucoup d'heures à quatre pattes dans le champs...


Culture en rangs pour faciliter la sélection de semences


A partir du mois de mai 2016 la récolte des feuilles a été effectuée régulièrement et manuellement jusqu'au mois de septembre. J'ai extrait  cinq kilogrammes de pigment sur une partie des feuilles puis confectionné des cocagnes (boules de feuilles de Pastel broyées, fermentées puis séchées).  Au mois de septembre j'ai procédé à la sélection des plantes. Pastel bâtard et sauvage (Isatis des botanistes) a été soigneusement arraché pour ne garder que l'Isatis des teinturiers. Un travail très long mais qui doit être fait pour optimiser le rendement en pigment qui est très faible sur l'Isatis (0,2% du poids des feuilles dans le meilleur des cas). Cette sélection doit être faite annuellement car le Pastel est une plante qui retrouve très vite son état sauvage. La production de pigment peut chûter de moitié d'une année sur l'autre suivant les sols et climats si cette sélection n'est pas suivie.


Floraison en avril 2017







Différents stades de maturité des graines.

Semences pratiquement mûres.

 Récolte entièrement manuelle.

 L'irrégularité de la floraison de l'Isatis implique une récolte échelonnée. Pour obtenir une semence homogène en terme de maturité, il faudra récolter plusieurs fois la parcelle pour ne prélever que les semences arrivées à maturité.





Article rédigé par David Santandreu

Crédit photographique David Santandreu 2017







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